Les imposteurs

Cela fait déjà un certain temps que je souhaite aborder un phénomène rencontré en clubs et évènements BDSM, aussi bien à Paris qu’à Berlin, deux villes dont je connais plutôt bien les aspects kinky.

Depuis le début des années 2020, je constate qu’une nouvelle génération fréquente les lieux dédiés au BDSM. Sur l’origine de ce mouvement, je suppute (!) que cela provient d’une envie de découvrir tout un univers mystique, dark et secret. Le libertinage a longtemps répondu à ces critères, mais à force de devenir populaire et accessible, l’échangisme et toutes ses variantes sont devenus de moins en moins sulfureux et donc attirants.

A cela s’ajoute le phénomène « 50 nuances de Gray » sorti en 2015. Bien que présentant de nombreux clichés, les pratiques qui y sont présentées ont émoustillé bon nombre de personnes.

Aujourd’hui il y a donc toute une population désireuse de découvrir de nouvelles pratiques physiques et intellectuelles. Parmi ces gens, il y a ceux qui comprennent la nécessité d’être initié, et il existe d’ailleurs bon nombre d’ateliers qui sont spécifiquement destinés à ces novices.

Et puis il y a une frange de personnes qui s’affranchit de cette initiation. Ces imposteurs pratiquent la domination et le bondage sans mesure et sans comprendre qu’une cession est avant tout un moment d’intimité intense avec un ou une sub. Ils utilisent des accessoires sans en connaitre toutes les particularités, ne perçoivent pas les subtilités des variations de rythmes et de force. Enfin, ils osent s’autoproclamer experts en domination.

En oubliant d’intégrer dans leurs pratiques des notions d’échanges et de respects, ces imposteurs donnent au BDSM une image détestable et préjudiciable à l’ensemble de ceux qui exercent avec talents de nombreuses pratiques.